2ème semaine à Minsk!

Salut à tous!

Voilà, j’achève ma deuxième semaine passée au cottage, et j’ai l’impression d’être partie depuis une éternité déjà tant il se passe de choses ici… Nous avons survécus à notre première semaine entière de cours! On a tous étés vraiment fatigués et on a eu des courbatures partout pendant plusieurs jours… J’avais même des courbatures dans les mâchoires, je ne savais même pas que c’était possible! Mais bon, on a trouvé une technique pour soulager les courbatures. Quand on a un moment, on s’allonge par terre et on se marche dessus, ça fait un bien fou! Et puis, pour le moment, notre groupe est solidaire et bienveillant, et on se soutient les uns les autres.

On a déjà eu pas mal de cours différents: claquettes, combat, plastique, danse classique, flamenco, diction, tempo-rythme, acrobatie, marionnettes, chant individuel et collectif, piano, théorie musicale, russe et bien sur technique du comédien. Tous les cours me plaisent beaucoup, à part la danse classique ou j’ai un peu de mal à accrocher pour le moment.

Nos professeurs sont super et l’enseignement n’a rien a voir avec tout ce que j’ai pu connaitre en France. Si je devais résumer leur approche en trois mots, je dirais qu’ils sont exigeants, bienveillants et humbles. Ce qui est intéressant, c’est que nous avons trois générations de professeurs. Il y a Lidia Alexéevna Monakova; c’est la grande patronne. Elle a environ 65 ans et elle a formé la plupart des professeurs que nous avons ici, y compris le directeur de l’école. Nous ne l’avons pas encore rencontrée, et on attend ce moment avec impatience. La deuxième génération, ce sont nos deux autres professeurs de technique du comédien; Igor et Sergueï, qui doivent avoir 45 ou 50 ans. Ils sont tous les deux géniaux et très complémentaires. Igor est un géant, une force de la nature. Il doit mesurer plus de 2 mètres et peser 140 kilos, à vu de nez… Il a une voix lente et grave… Il est vraiment impressionnant! Mais ce qui est drôle c’est qu’il est d’une grande douceur et il fait attention a nous comme si on était ses enfants… Il est toujours en train de nous dire « attention, ne marchez pas pied nus, couvrez vous quand nous sortez fumer, et ne fumez pas trop, même si moi je fume… Ne buvez pas trop et reposez vous, et pour les filles, ne vous asseyez pas sur le sol froid car vous devez encore porter des enfants… » C’est trop drôle! Quand à Sergueï, il nous fait mourir de rire, et il passe une bonne partie du cours à rire aussi… On sent que les deux sont passionnés et qu’ils n’ont rien a prouver; ils sont juste là pour nous… Ça change de beaucoup de profs aux égo démesurés que j’ai connus en France…

Et pour finir, il y a une troisième génération de profs qui ont mon age ou quelques années de plus et qui ont été formés pour la plupart à l’académie de Minsk par ces deux premières générations de professeurs. Ce qui est sur, c’est que nous avons des pointures puisque ce sont les profs qui enseignent à l’académie, qui est l’équivalent du conservatoire national en France. Avec cette troisième génération de profs, les rapports sont différents. Parfois, il y en a qui dorment au cottage. C’est particulier de se brosser les dents ou de boire un thé à 3 heures du matin dans la cuisine avec nos profs… et pourtant, lorsque nous sommes en cours, on se comporte vraiment comme des élèves avec leurs profs, il n’y a pas de copinage.

Ici, c’est comme si tout était plus intense… Tout devient précieux: le temps, la nourriture, le sommeil, la solitude, la douche… Tout, même ce qui peut d’habitude nous sembler banal et anodin prend une valeur particulière…

Les liens du groupe se resserrent petit à petit. C’est étrange de vivre avec des gens dont on ignore quasiment tout de leur passé, de leur vie, et avec qui on a déjà partagé tant de choses en si peu de temps. Cela crée une certaine complicité car, même sans se connaître, on sais qu’on passe par les mêmes moments d’appréhension, de fatigue, mais aussi de joie et d’enthousiasme. Du coup, j’ai du mal à croire que ça ne fait que deux semaine qu’on vit tous ensemble!

Par mis les personnages folkloriques qui font partie de notre vie à Minsk, il y a Boris, un alcoolique qui est hébergé par le propriétaire du cottage. Il vit… dans la cave et s’occupe du jardin, du coup on le croise souvent, et on doit faire attention à ne laisser traîner aucune bouteille d’alcool… Le propriétaire de notre cottage, ça n’est pas n’importe qui! Ici, on l’appelle « le baron »… C’est le chef de toute la communauté Tzigane dans tout le Bélarus… Comme dit notre bon Fabrice Carrey (le directeur de l’école), « en France, on loge les Tziganes et les Roms, mais ici, c’est eux qui nous logent! »

Les cours de théâtre sont vraiment passionnants. C’est beaucoup moins intellectuel qu’en France. Ici, on travaille sur l’expressivité du corps et de quelle manière, par le biais des sensations, et au travers de nos différentes actions, on va réussir à faire naître de véritables émotions. Du coup, nous apprenons à observer et à disséquer tout ce qui peut se passer dans la vie. Les gens, leurs émotions, leurs interactions; les objets et comment nous nous comportons vis à vis d’eux. Nous travaillons sur « le sensible » en général. Les cours sont surprenants et pas du tout formels. On peut,par exemple en plein milieu du cours, aller dans la cuisine et préparer un thé pour observer comment nous nous y prenons exactement… On a aussi fait un exercice génial: le télépathe. Une personne sort de la pièce et le groupe se met d’accord sur quelque chose que la personne doit faire (par exemple s’asseoir sur la troisième marche de l’escalier et chanter la marseillaise), mais nous n’avons pas le droit ni aux gestes, ni au mimiques… Le télépathe doit sentir ce qu’on veut… Et pour le dernier passage, Sergueï a choisi un défi qu’il propose traditionnellement chaque année: le télépathe devait lui donner un coup de pied dans les fesses… Mais un vrai coup de pied! Qu’est ce qu’on s’est marrés…

Voilà un aperçu un peu en vrac de la semaine que je viens de vivre. Je vous laisse car demain, c’est la journée la plus dure de la semaine… c’est le seul jour ou on a cours a l’extérieur du cottage, dans un théâtre de Minsk. Du coup on doit être dans la cuisine à 6 heures pour prendre le petit déj, 5 h 30 quand c’est à nous de le préparer… On sort dans la nuit froide à 7h pour aller s’entasser dans un bus plein à craquer. Du coup, on est tous collés les uns aux autres en énorme manteau, et comme le bus roule pendant longtemps sans s’arrêter, les vitres se couvrent de buée, on ne voit plus rien et on se sent enfermés dans une boite ou il est difficile de respirer… C’est le moment que je redoute le plus dans la semaine… Ensuite, on a cours toute la matinée et on ne rentre au cottage pour manger qu’à 15h! Et on reprend les cours dans l’après midi pour finir entre 20 heures et 21 heures… Dur dur!

Et puis, j’ai encore du travail car nous commençons à préparer un spectacle de Noël que nous allons jouer à partir de fin novembre dans plusieurs orphelinats, et on doit proposer un personnage. J’ai décidé de faire une génie et je dois trouver mon costume! Je vous dis sans doute à Dimanche prochain, pour le prochain épisode!

Image

PS: Photos prise dans le métro Biélorusse, qui nous a fait mourir de rire… Apparemment, Mireille Mathieu est une grande célébrité ici! Allez faire un tour dans la rubrique photos, je vais en mettre quelques unes si j’arrive à comprendre comment ça marche!

Paka!!!
Isis

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