Minsk, la suite:

Le rendez-vous d’écriture du dimanche après-midi est un peu anticipé cette semaine, car notre cours de TC de cet après-midi est annulé et reporté à… dimanche, pour le plus grand bonheur de tous!!! Comme pas mal de mes confrères et consoeurs, je ne suis pas particulièrement enthousiasmée par cette nouvelle… Pour tenir le rythme, ça marche beaucoup dans la tête, et quand on doit reporter la seule journée entière sans cours d’une semaine, ça n’est pas facile… 

Ici, ça va. On est presque tous épuisés depuis quelques jours. Pour la plupart d’entre nous, on passe quasiment tout notre temps à travailler. Je me couche rarement avant 1h, voir 1h30 du matin, et la fatigue s’accumule. Depuis deux jours, j’ai acquis la capacité de m’endormir dans n’importe quelle situation! Je peux m’allonger sur le parquet de la salle de travail et m’endormir en moins de deux minutes! C’est une drôle de sensation… Mais, j’ai l’impression qu’il y a un ange gardien qui prend soin de nous tous, car étrangement, à chaque fois que la masse de travail et la fatigue crée une impression générale qu’on ne va pas s’en sortir, il y a un cours qui est annulé ou changé de jour et au final, ça devient gérable. Je me rend compte au fur et à mesure qu’il n’est pas certain qu’on termine la formation à 12. On a tous des hauts et des bas, mais certains en viennent à se demander parfois s’ils pourront rester jusqu’au bout… Mais ce qui est génial, c’est que pour le moment, ça passe. Des fois, il suffit d’un cours, de ce que va dire un prof, d’une simple phrase ou d’un mystérieux déclic pour que les états d’esprits changent et que les personnes se remobilisent… C’est passionnant d’observer ces fluctuations dans l’état de chacun, et aussi de savoir que nous portons tous en nous un secret… Car nous vivons cette expérience à la fois tous ensemble et en même temps, chacun de notre côté… Même si on partage beaucoup de chose, personne ne sait vraiment de quoi est fait le bouillonnement intérieur que traverse chaque individu.

En parlant d’ange, on a commencé un jeu très marrant. On a tiré au sort et chacun est devenu l’ange de quelqu’un d’autre. Notre ange est là pour être particulièrement attentif à ce dont on a besoin, et veiller à notre bien être par des petites attentions, des cadeaux, etc. Mais personne ne doit savoir qui est son ange, alors il faut veiller sur l’autre en toute discrétion! Les traducteurs jouent avec nous, et on fera un nouveau tirage dans un mois.

Plus le temps passe, plus je vois des profs qui apprennent le français avec les traducteurs, avant ou après leurs cours… C’est drôle de les voir eux aussi en apprenant et ça crée le sentiment qu’on est ici pour échanger et pas seulement pour apprendre.

Les cours avec Lidia sont géniaux… Il y a des moments tellement puissants. Je me sens par moments comme en état de transe. J’ai la tête qui tourne, je suis traversée par des émotions très fortes, en l’écoutant ou en regardant les autres sur scène. Il y a grande concentration et il se crée dans son cours une atmosphère très particulière, ou chacun se révèle. Lidia Alexéevna nous a longuement parlé de sa vision du théâtre et cela à lancé un vif débat, car tout le monde n’était pas d’accord. Pour Lidia, les artistes sont des messagers. Ils participent à remplir la conscience mondiale d’idées et d’énergies positives. Selon elle, on vit dans un monde qui va pas bien et ce n’est pas le fait de montrer de la souffrance et de la laideur sur scène qui contribuera à rendre le monde meilleur. Ca ne veut pas dire qu’on ne peut pas en parler, mais le fait de l’exposer sur scène peut permettre d’en tirer des enseignements qui permettent de la surmonter. Elle nous dit que nous avons une grande responsabilité dans le choix de ce que nus voulons transmettre, et que c’est à nous de choisir quel monde nous voulons laisser à nos enfants, aux futures générations… Quels messagers nous voulons être…

Certains ont étés très secoués par les propos qu’elle a pu tenir en disant que certains artistes sont malades et qu’ils remplissent la tête des jeunes d’idées malsaines et que c’est très dangereux. Certains trouvent que de montrer la souffrance et les vices sur scène peut toucher les gens et leur donner des clés. Je ne résumerai pas ce débat en quelques lignes au risque de réduire les propos de chacun, mais personnellement, la vision proposée par Lidia me parle beaucoup. Elle donne au théâtre une dimension si profonde qu’il retrouve tout son sens à mes yeux.

Pour finir sur les petites anecdotes de la vie au cottage, nous vivions en fait dans un château en carton. Il y a des fuites partout, on pose des bassines par terre ça et là pour recueillir l’eau quand il pleut, il y a des bouts de plafond et des pans de murs qui tombent… Toutes nos illusions ont étés brisées quand on s’est rendu compte que les magnifiques ornements des plafonds sont en fait… en polystyrène! Les éviers se bouchent, le parquet de la salle de travail s’émiette… le cottage est en plein travaux et on a inauguré aujourd’hui la nouvelles salle de danse avec des tuyaux de plomberies en guise de barre de danse, et dont une partie du sol est en pente puisque c’est un ancien garage.

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