Les montagnes russes…

Privièt!

Cette semaine a été incroyable… Je commence parfois à avoir l’impression que je vis dans un rêve, que tout cela n’est pas réel… Les montagnes russes; je me demande d’où vient cette expression! Je ne sais pas si c’est une question de géographie, mais en tout cas elle correspond tellement à ce qu’on vit ici!

Lundi dernier a été une des journées les plus dingue depuis qu’on est arrivés. On a eu les retours d’une grande partie de nos professeurs sur notre travail du 1er trimestre, et également leurs notes… Eh oui, c’est une vraie école avec des notes et tout. J’avoue que ça ne m’enchante pas car je n’ai jamais aimé le système des notes, et encore moins dans les domaines artistiques, mais ça nous a quand même permis de savoir ou on en était et dans quelle direction aller.

Ce lundi matin, on est partis dans la neige. On commençait à sentir le froid qui glace les os, qui fait baisser la tête pour transpercer le vent… Dans la matinée, après les cours d’acrobatie, beaucoup de nos professeurs sont arrivés avec Fabrice, le directeur.  Olga nous a annoncé qu’elle ne nous ferait pas à manger aujourd’hui parce que le cottage était trop salle. C’est la règle qu’on s’était fixée. Puis, on s’est pris un certain nombre de réflexions concernant notre mauvaise gestion du ménage et de l’organisation de la vie au cottage. Fabrice nous a fermement rappelé qu’on avait signé un règlement et que ceux à qui ça ne convenait pas n’était pas retenus de force ici. Il régnait une atmosphère lourde et tendue. On était épuisés et dans un état de fébrilité qui nous rendait tous à fleur de peau. Je sentais qu’on était pour certains au bord du craquage, oscillant entre les fous rires et les pleurs. A ce moment là, je n’en pouvais plus. Cette angoisse qui s’était infiltrée dans notre quotidien, comme un parasite qui nous étouffait, arrivait à son paroxysme. On y arrivait pas, on était pas à la hauteur; tous les retours de nos pédagogues poussaient notre pensée dans cette direction… Après ce sermon, nous avions une petite pause avant de nous réunir 15 minutes plus tard pour le « conseil de classe »…  Je me demandais pourquoi ces résultats prenaient une telle importance, alors qu’il n’y avait aucun diplôme; rien de déterminant à la clef… Mais nous nous étions tellement investis, passionnés et mis sous pression qu’il me semblait attendre les résultats du bac, et même plus encore… Je trouve que ce moment si particulier nous a beaucoup rapprochés. On se prenait dans nos bras, on se donnait du courage. Puis, nous sommes entrés dans la salle et nous sommes tous assis devant nos professeurs qui nous ont un par un données leurs notes et leurs retours.

J’ai eu d’assez bonnes notes dans l’ensemble. Un 10 en chant, ce à quoi je ne m’attendais pas et qui m’a fait très plaisir, et sinon, quasiment que des 9, un 8 en diction, un 7 en danse classique (ce qui ne m’a pas du tout étonnée…) et un 7 en combat… ce qui m’a provoquée dans ma fierté de judoka! J’ai eu une des notes les plus basses en combat alors que j’adore ça et que je ne me sens pas en difficulté comme en danse classique. Mais Sergueï m’a dit qu’il voulait me pousser à plus travailler et qu’il en attendait beaucoup plus de moi. Ça n’est pas tombée dans l’oreille d’une sourde et j’ai envie de casser des briques!!! (Il faut savoir que les notes sont sur 10 et qu’il n’y a eu aucune notes en dessous de 6. Quand on a 10, ça ne veut pas dire que tout est parfait, mais qu’il faut continuer à travailler exactement de la même manière.) De toutes les façons, ces notes ne sont que des indicateurs pour savoir comment travailler par la suite, et je trouve que ce sont les retours qui sont les plus importants.

Après ce temps d’échange, nous sommes rentrés au cottage. Comme il n’y avait pas de repas et que nous n’avions pas le temps de préparer à manger, on a grignoter un peu de pain avec du beurre et avalé quelques œufs au plat avant de faire, à la demande de Fabrice, un grand ménage dans tout le cottage puis d’enchaîner sur le cours de Lidia. A la fin du cours, Pavel et Sergueï, les profs de diction et combat nous ont fait leurs retours, puis Lidia nous a longuement parlé et tout ce qu’elle nous disait me remplissait de confiance et d’énergie positive.

Ce retour des prof sur notre travail à tous ont été pour moi (et je pense pour la plupart) un grand soulagement. J’ai vu face à nous des personnes humaines, bienveillantes, à qui notre progression tient vraiment à cœur. On sent qu’ils sont vraiment impliqués dans leur mission de profs et c’est très motivant et réconfortant. Ils sont très exigeants et il leurs arrive d’être durs dans leurs propos, mais après ces retours, on a réalisé qu’ils étaient contents de nous et de notre travail… En fait, les réflexions qui nous étaient faites avaient pour but de nous pousser toujours plus loin, mais ne signifiait pas qu’ils ne nous trouvaient pas à la hauteur. Je crois que ça a été très important pour tous de sentir les professeurs positifs et enthousiastes. En tout cas pour ma part, j’ai eu l’impression de déposer un sac de ciment de 100 kilos que je portais sur les épaules depuis plusieurs semaines. Je pense que notre groupe de stressés avait bien besoin d’être rassuré sur son potentiel pour pouvoir avancer et s’épanouir. Cette journée a eu un effet très bénéfique sur l’ambiance générale.

Mais notre journée n’était pas encore terminée! Après avoir englouti encore un ou deux œufs, nous avons vers 23 heures fait un filage du conte que nous devions jouer le vendredi. Puis Sergueï nous a proposé de faire le cours de combat jusqu’à 2 heures du matin et de faire la grasse matinée le lendemain matin. On était tous emballés par cette idée!! Malheureusement, c’était une blague et il ne devait pas s’attendre à ce qu’on dise oui… On devient complètement fous!

Depuis lundi soir, j’ai senti une vague d’énergie déferler dans le cottage et nous éclabousser de son eau vivifiante. Bien sur, il y a des petites engueulades, des moments électriques, des fois ou on a juste plus envie de voir la tronche des autres… Mais plus le temps passe, plus j’aime les gens qui sont ici, tels qu’ils sont; avec leurs qualités, leurs défauts, leur personnalité. Et je sens  que moi aussi que je peux exister et être acceptée pour ce que je suis, avec mes qualités et mes défauts. Personne n’est indispensable ici, mais chacun est irremplaçable… C’est très enrichissant de réaliser qu’on peut tisser des liens avec des personnes qu’on aurait pas forcément eu envie de connaitre dans la vie normale. Les retours que j’ai eu m’ont encore plus motivée que je ne l’étais déjà. Les meilleurs résultats comme les moins bons m’ont, pour des raisons différentes, donné envie de m’investir encore plus… Et j’ai senti chez tout le monde un enthousiasme bouillonnant. Depuis, je me sens de plus en plus comme dans une réalité parallèle. Je me suis rarement sentie aussi heureuse, aussi pleinement vivante. Je profite de chaque goutte de vie pour faire ce que j’aime, et c’est vraiment précieux.

Il y a une nouvelle masterienne qui est arrivée cette semaine. Elle s’appelle Manon et c’est la plus jeune de la promo. Elle vient tout juste d’avoir 18 ans. Quand on a su qu’une nouvelle personne allait arriver, au début, on a un peu appréhendé. Déjà, parce qu’on manque d’espace dans les salles de travail et aussi parce que c’est déjà tellement difficile de trouver un équilibre de vie dans un groupe que l’arrivée de quelqu’un risque de tout chambouler. Malgré ces appréhensions, on s’est préparés pour accueillir Manon du mieux qu’on pouvait, et tout se passe très bien. Manon a l’air très motivée et trouve petit à petit sa place. Je ne me fais aucun souci sur son intégration dans le groupe et j’ai l’impression qu’elle s’adaptera facilement à la vie en collectivité. Donc nous sommes maintenant 13 dans le navire… Un nombre porte bonheur!

Vendredi dernier, on a joué notre conte de Noël pour la première fois devant des enfants, à l’ambassade française. Nous avions espéré que les enfants seraient un peu plus réactifs, mais la semaine prochaine on joue dans un orphelinat et Pavel est certain que les enfants seront beaucoup moins sages, ça va être plus drôle!

On a deux représentations la semaine prochaine, la présentation publique de fin de trimestre, les contrôles et auditions dans toutes les matières, le concert public de chant et piano… Il y a également des projets de spectacles qui commencent à germer en plastique avec Sergueï, en TC avec Lidia…. On est tous ravis et surexcités comme des gamins. Je ne sais pas encore comment on va réussir à faire tout ça, mais on va le faire…

Je vais donc vous laisser car il y a une masse de travail hallucinante. Je ne pense pas que j’aurais le temps de vous écrire dimanche prochain. Je vous écrirais donc sûrement le prochain article en France, pour vous raconter ces deux dernières semaines de masterclasse avant les vacances de Noël.

Paka!

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