Discours cérémonie de remise des diplômes

10547446_762094297180553_9177028709272998257_nEn arrivant à Minsk, en montant les premières fois sur le plateau, je me suis souvent posée la question du « Qu’est-ce que je fais là ? », « A quoi bon ? ». Pourquoi est-ce que je fais ce geste, ce mouvement comme cela, dans telle ou telle direction ? Pourquoi comme ça ?

Répondre à cette question, je ne vous le cache pas, n’est pas simple. Elle engendre encore d’autres questions, de nouvelles approches et surtout de nombreux silences.

Après avoir passé 9 mois à Minsk, j’ai aussi tenté de comprendre ce que le rythme pouvait signifier pour moi. A mon sens, le rythme a su cadrer et même poétiser la peur du plateau que je pouvais avoir. Par le biais de la pulsation, il a d’abord su rendre la durée sonore puis la sonorité vitale de ce que je tentais de faire en montant sur le plateau. Le rythme m’apporte beaucoup dans mon travail de comédienne, et j’ai désormais le sentiment que le monde pourrait se musicaliser et même se musicalise dans un jeu rythmique. Mais s’il m’aide, et s’il est toujours là, peut-être alors qu’il ne me guérit pas tellement de la peur du plateau que je peux avoir.

En vivant à Minsk, et en travaillant au cottage, j’ai aussi compris que la scène était un grand miroir. Elle peut m’attirer autant qu’elle peut me dégoûter, mais ce pouvoir attractif de haine et d’amour est ce qui m’a aussi fait sentir que je ne pouvais désormais plus m’en défaire. Je me sens liée à elle aussi bien en tant qu’actrice que spectatrice.

Avant de venir à Minsk, j’avais pu entendre que l’on était avant tout l’acteur du spectateur que l’on était. C’est certainement ici que j’ai commencé à le percevoir et à le comprendre.

Je pourrais continuer à énumérer et à tenter d’expliquer tout ce que j’ai appris et compris au terme de ce séjour… et aussi vous faire part de tout ce qui reste encore dans l’ombre.

A J-5 de mon retour à Paris, je sais déjà que ma vie, réelle ou non, dans le cottage va me manquer. Je ne peux pas encore mesurer tout ce que j’ai acquis et compris grâce au travail de chaque professeur, de l’équipe pédagogique et de vous tous ici aussi, qui avez partagé et vécu cette masterclass avec moi.

Je tiens à tous vous remercier pour le travail que vous m’avez permis de faire sur moi-même. Cette masterclass est autant une aventure théâtrale qu’humaine. J’espère pouvoir la continuer, j’espère qu’elle ne va pas s’arrêter, et j’espère que d’autres suivront le chemin que j’ai décidé de prendre il y a de cela 9 mois.

Pauline

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