БЕТОН (BÉTON)

Ce que vous lirez entre les guillemets est une réflexion que j’ai eue après avoir vu le spectacle Béton au RTBD à la mi-octobre au RTBD avec une partie de la Ma14. Depuis, tout le groupe a eu la chance de voir ce spectacle, un comme on rêverait d’en voir dans notre Occident. Les impressions qui suivent ont été couchées sur le papier, à chaud, quelques instants après la sortie de la salle. Chacun en a reçu quelque chose de particulier et propre à soi. Dans l’avenir, nous essaierons d’avoir les impressions du reste du groupe. Et pour ce que vous ne comprenez pas, n’ayez crainte, un spectacle comme celui-là mérite qu’on y retourne encore et encore; pour que vous en compreniez par le biais de nos impressions le sentiment le plus juste possible. Bonne lecture!

« Voilà plus d’un mois que je suis arrivé au Belarus.

De vision en vision, l’endroit se découvre à moi, l’âme se dévêtit devant mes yeux. Spectateur avant d’être acteur.

C’est suivant cet ordre que je viens de tenir entre les vingt doigts que comporte mon corps banal – mon corps d’humain exceptionnellement normal, d’acteur incroyablement, idéalement normal. Comme tout le Monde. Les acteurs et le public. – ma vérité pour la scène: je ne suis ni poétique, ni touchant, ni drôle, ni triste, ni méchant, ni gentil; le public l’est lui s’il me trouve, m’entend ainsi.

Je suis tout, je suis rien.

Je ne suis tout, je ne suis rien.

Je ne suis pas tout et je ne sais rien.

Béton.

Aussi banal, uni, beau, laid et vide et plein qu’un mur de béton gris.

Mais sur cette surface triste s’éveille alors une rumeur première, une fenêtre de lumière s’allume et naissent enfin les mondes.

Autant qu’il y avait d’humains au Théâtre républicain de la dramaturgie biélorusse en cette pluvieuse soirée d’octobre.

Autant que nous sommes sur Terre. »

Romain Tarnaud

 

béton affiche

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